Je n’ai jamais été adapté au système scolaire.
En plus de vingt ans, et sur près d’une centaine de profs, je n’en ai rencontré que trois ou quatre qui ont eu une influence positive sur ma façon de voir le monde et d’appréhender les difficultés.
Pour les autres j’étais au mieux un perturbateur qu’il fallait éloigner du reste du groupe, au pire une oie à gaver et à faire marcher droit coûte que coûte.
À la fin de mes études, j’ai fini par me faire virer d’une école de communication.
Comme je ne rentrais pas dans les rangs, ils m’ont catapulté sans sourciller vers la vie active.
Je me retrouvais « hors norme » pour une école qui était supposée m’apprendre la créativité.
Et si c’était l’école qui n’était pas adaptée à notre époque ?
Je ne parle même pas de l’évolution technologique, du fait que le monde de demain sera fait de SMS 3.0 et tchat 5.2 de visio conférence 10.12. et d’écrans holographiques.
Ces technologies seront utilisées par les gamins, partout, sauf dans les lieux d’enseignement.
L’école, censée nous préparer au monde de demain reste accroché à des principes du siècle dernier.
Car cette école qui est supposée nous apprendre à apprendre est en fait une usine à produire des types d’individus bien déterminés :
Des premiers de la classe, des suceurs, des suiveurs, des mauvais élèves et des rebelles.
C’est l’école de l’individualisme et du gagnant/perdant.
On n’y apprend pas à partager, ni à travailler en groupe, et encore moins à obtenir des victoires ensembles.
On y apprend que dans la vie il y a deux catégorie d’individus, les bons et les merdes.
Et que nous avons été mis là pour êtres triés.
Nous devons rapidement démontrer nos aptitudes à marcher au pas, et à rentrer dans les rangs.
A vite comprendre qu’une filière est meilleure qu’une autre, qu’un élève est meilleur qu’un autre et qu’il n’est pas bon d’être faible ou à la traîne…
Pour ne pas être à la traîne, il faut pouvoir ingérer et recracher une tonne de donnée qui ne nous servira plus jamais…
Qui à besoin de maîtriser sa table de multiplication ou de connaître le nom de la capitale de Mongolie dans la vie de tous les jours ?
Interdit de copier.
Solitaire avec les connaissances entassées en vrac dans notre cerveau, c’est comme cela que nous devons affronter l’école.
Alors on m’a longtemps dis que c’était pour me préparer à la vie.
Bien sûr que dans la vie active nous reproduisons le schéma :
Premiers de la classe, suceurs, suiveurs, mauvais élèves et rebelles.
Mais en sortant je me suis vite rendu compte que le système scolaire était un système carcéral avec des règles qui n’avaient rien à voir avec celles de l’extérieur.
Hors de l’école, nous devons travailler ensemble, en équipe, affronter le changement, prendre nos responsabilités, échanger, copier, transformer ce qui existe pour trouver de nouvelles solutions.
Et ça je ne l’ai pas appris en 20 ans d’école, mais hors de l’école, sur ma console vidéo, dans des bouquins de science fictions, dans des bandes dessinées, avec des amis à jouer à dessiner à échanger…
Ce qui me sauve c’est que malgré 20 ans de conditionnement, je n’ai pas perdu le goût de découvrir, de copier, de m’influencer, d’apprendre de nouvelles notions.
Je n’ai pas non plus perdu le goût de faire, juste pour faire, et pas « faire » dans l’attente d’avoir un résultat ou une note.
Mais pour finir, si l’école était vraiment le lieu que l’on nous décrit dans les brochures publicitaires pourquoi les plus grands génies n’y ont jamais foutu les pieds et pourquoi un basketteur pro touche 50 fois plus qu’un chercheur en chimie moléculaire ?



L’école n’est pas parfaite, mais de toutes façon : la perfection n’est pas de ce monde.
Je suis d’accord avec pas mal de choses que tu as dites, même si je pense que c’est simplement le fait de vivre en société qui nous impose les mauvais principes qu’on apprend a l’école.
T’abuse tout de même un peu quand tu dis que les valeurs scolaires appartiennent au siècle dernier ! Je n’ai jamais connu les chewing gums dans les cheveux, les coups de regles sur les doigts même si j’ai du me confronter a l’autorité de mes profs bien souvent (normal, faut apprendre a subir l’autorité dans la vie active, ou de travailler pour ne pas avoir d’autorité a subir ^^).
J’ai même eu la chance de rencontrer des profs qui, a partir du moment où tu construisais ton raisonnement, acceptaient que tu t’exprimes et aille dans le sens contraire de ce que eux disent.
De quels génies parle tu dans la fin du post ?
Et avis perso pour les basketteurs : parce que le monde de consommation et de superficialité qu’on s’est construit préfère récompenser davantage les gens qui en foutent plein la vue, que ceux qui oeuvre pour améliorer les choses dans l’ombre.
D’accord avec Eddy plus un détail : ne pas mettre dans le même sac l’école primaire et le reste. Apprendre à lire et compter n’est pas un minimum, mais le suffisant. Si en plus on a appris à écrire, c’est le Pérou ! ( évidement je parle de lire, compter, écrire correctement : une partie des commentateurs chez Crouzet ne savent pas lire correctement par exemple ).
Eddy, Henri,
Bien sûr que la perfection n’est pas de ce monde…
Et franchement ça fait quelque temps que je ne la cherche plus.
Mais le truc c’est que Maé est rentrée à “l’école” cette année et que je suis amené à me poser des questions.
Je suis surtout amené à faire la différence entre l’idée que l’on se fait tous de l’école et la réalité du système scolaire.
Quand je dis que l’école est restée bloquée au siècle dernier :
A quoi ça sert d’ingurgiter des tonnes de donnée à l’heure d’internet et de de wikipédia ?
Cite- moi un métier où l’on t’interdit de te documenter ou de sortir une calculatrice pour résoudre un problème ?
Pourquoi on ne travaille pas plus souvent en groupe ?
Pourquoi les classes de math physique sont considérées comme des voies royales ?
Depuis quand être premier de la classe garanti d’avoir un boulot épanouissant et enrichissant ?
Pourquoi on n’apprend pas l’histoire autour de wargames et de jeux de rôle ?
Pourquoi n’apprends t’on pas à décoder les médias, la télé ?
Pourquoi tous les grands auteurs que j’ai abordé à l’école mon fait ch… à mourir ?
Je m’arrête parce que j’en ai des tonnes…
La question que je me pose c’est :
Quelles sont les valeurs qui sont transmises à l’école et à quoi sert l’école ?
Et je ne parle pas en théorie ou en utopie, je parle en réalité, qu’est ce qui est transmis à l’école, une fois passée les bases citées par Henri ?
Et encore pour ma part je suis incapable d’écrire sans faire une faute à chaque mot…
Victime de la méthode globale.
Donnez moi votre avis sur l’utilité réelle de l’école telle quelle est aujourd’hui, et se serait bien qu’un prof nous donne nous donne sa vision des choses.
Pour les génies qui ne sont pas allé ou plutôt restés à l’école, j’en ai au moins un « Einstein ».
C’est vrai que cette phrase est limite…
Mais si on réfléchis quels sont les génies qui sont restés à l’école ?
Alors bien sûr que Maé va aller à l’école, mais je ne ferais pas semblant d’oublier que j’y ai vraiment galéré, et que la vérité est ailleurs !!!
Parce que : “Tu travailleras à la sueur de ton front”
C’est dans quel testament ????
Dans le miens il y à :
“Essaye de t’éclater à max, parce que tout ça va passer très vite”
Che Pacco:
Lire correctement ! Relis Eddy et moi ! ((-: Je mets ce symbole sinon on va mésinterpréter encore !
J’ai vécu en gros le même genre de choses que toi à l’école ( je me suis fais virer pas mal de fois ), donc je comprends ( comme Eddy l‘a dit lui-même ).
Mais l’école primaire c’est une chose, le collège, lycée et etc…autre chose.
« Quelles sont les valeurs qui sont transmises à l’école et à quoi sert l’école ? »
Pour commencer l’école est une micro société, l’enfant côtoie d’autres enfants.
Si les intits font leur boulot, si leur hiérarchie les laisse faire leur boulot, si ces intits ont les moyens de faire leur boulot, si les parents font leur boulot, si la hiérarchie de ces parent permettent à ceux-ci de faire leur boulot, si les parents ont les moyens de faire leur boulot, si les parents ont la capacité d’être des parents, alors ces enfants sortirons du primaire en sachant lire, compter et écrire correctement.
A partir de là, ils pourront utiliser des calculettes, des jeux, internet et compagnie.
Pour la suite, en effet il faut tout revoir.
Il ne faut pas croire les hagiographies sur Einstein : il est allé à l’école comme tout le monde et c’est à partir d’un niveau assez avancé en fac qu’il a fait le pingouin. Il n’avait pas de problème d’élocution, comme on le dit, c’était un surdoué.
Pour les autres génies je ne sais pas.
Si j’étais le boss, j’exigerai de mettre le paquet dans le primaire, au moins.
Mais c’est vrai que par exemple quand je vois le niveau d’un master 1 en math physique actuel, cela correspond au niveau bac de 1975 environ…c’est dire.
Mon avis:
Ne jamais attendre quoi que ce soit de l’école, elle ne te formate pas ( ni d’ailleurs de personne)
Ce sont tes parents qui font de ton éducation en grande parti
Si tu es passif et que tu attends d’un système qui se cherche et qui cherche encore à se moderniser;bref qui complètement dépassé, tu peux attendre.
A quoi servent les parents?
Mais là où je te rejoins c’est que par le jeux beaucoup de choses passent plus facilement.
C’est comme ça que notre petite apprend à parler et c’est méthode efficace mais l’école ne fait pas tout. Elle te donne les bases !
Le système n’est pas le qeul à pointer du soigt, il faut voir les personnes qui en font parti.
Et il y a aussi plusieurs types d’écoles!
personnellement je dis merci papa et maman qui m’ont enfermé dans un ghetto de riche afin de préserver de moi même.
J’ai appris à m’interresser à beaucoup de choses qui ne m’aurait pas été proposé chez moi.
mais il est vrai que j’ai appris à détester d’autres choses, mais bon ça…
ben Pacco j’peux pas dire mieux qu’Henri.
Eddy> “personnellement je dis merci papa et maman qui m’ont enfermé dans un ghetto de riche afin de préserver de moi même.”
C’est le genre de réflexion que je trouve Débile. D’abord l’éducation n’a rien à voir avec être avec des riches ou pas. Sans coller son gamin dans une petite jungle, vivre avec des gamins difficiles, sans bonnes cartes entre les mains, quand l’enfant a des parents qui sont attentifs, c’est une vrai richesse. On beni ses parents quand ils sont venu à temps te chercher dans la merde pas quand y t’on juste foutu dans une école de riches !
Lény : relie bien ce n’est pas ce que je dis
Le projet pédagogique d’une bonne école privée est plus qu’ interressant.
> “D’abord l’éducation n’a rien à voir avec être avec des riches ou pas” ok mais sans argent c’est beaucoup beaucoup plus dur!!!!!!
Moi je te redis et je redirai encore je suis pro école privée
Je sais bien que la plus part des personnes ne seront ok avec moi et petit homme ler mais je le redis encore si tu .
Merci à papa et maman de m’avoir enfermé dans un ghetto de riche !!!!
Henri,
Ok, disons qu’il y a dans l’école primaire de bonnes choses.
J’en ai un vague souvenir et Maé est encore à la maternelle donc je n’ai aucune connaissance de la « chose ».
Mais regarde, rien qu’à la maternelle, je constate que c’est déjà l’usine, 23 à 25 par classe, pour une prof et une assistante.
Derrière de beau discours qui se veulent rassurants je constate au quotidien le décalage entre la promesse et la réalité.
Au moindre écart, les profs ou assistantes te l’avoue carrément, si le gamin ne rentre pas dans le rang c’est l’exclusion.
Les nanas ne sont pas méchantes, mais tu sens qu’elles sont limitées, personne n’a vraiment le temps de prendre ton gamin en considération. Manque d’effectif et manque de formation.
L’aspect socialisant de l’école est certes important, mais ça ne justifie pas autant de gâchis.
La suite de « si » que tu déroules dans ton dernier comm. démontre bien l’écart que je veux pointer entre l’idée que l’on s’en fait et la réalité de l’école.
Dans la réalité, c’est extrêmement rare de pouvoir aligner toutes les options que tu cites.
Têlé, j’ai du mal à croire que je suis le seul repère de ma fille.
Je pense qu’un système dans lequel elle va passer près de 10 heures par jour, 5 jours par semaine, pendant toutes ces années va avoir une influence marquante sur elle.
C’est compliqué pour moi de ne rien attendre d’un fonctionnement où ma fille va passer la plus grande partie de sa jeunesse.
Mais je ne me défile pas, conscient des limites du système je m’implique différemment pour mieux épauler Maé.
Lény, bien sûr que la vraie richesse n’est pas financière.
Mais nous ne pouvons pas nier qu’il y a dans notre société une ségrégation par l’argent et que certains aspects de la vie sont plus faciles pour ceux qui en ont beaucoup, je pense que la scolarité en fait parti.
Alors certes l’école te donne des bases.
Mais franchement est ce que ce n’est pas comme pour service militaire ?
Une période où l’on apprend deux trois trucs, ou l’on se fait ch… à mourir mais une fois que c’est terminé on ne garde que ( le peu ) de bons souvenirs.
Parce que la vraie question c’est :
Qui est partant pour se refaire une petite scolarité ?
Sur ce, comme j’ai un cyclone qui va passer dans ma chambre demain comme tous les matins entre 7H00 et 7H30 je vous souhaite une buenos nachos et astalavsistos, asta manianos !!!
hello guys. toujours à me reposer avec acharnement, j’essaye de ne pas dilapider mes maigres forces dans de longs discours.
Mais bon, en gros, je partage bon nombre de tes observations Pacco. Je les partage même de trop je dirais, parce que vu de chez moi (mon boulot, ma position, l’educ pop…), l’educ nat, c’est vraiment le grand Momo, et je suis donc terriblement partisane et je le sais, donc je préfère me taire.
Quand à savoir à qui la faute… il est certains qu’il ne faut pas blamer les enseignants, qui font souvent de leur mieux, avec ce qu’ils ont (y compris, leur formation, leur formatage, leur culture…).
Nous autres essayons dans notre secteur de développer toutes les forces vives des pegagogies alternatives (nouvelles depuis bientôt un siècle), mais comme tu le remarques justement… on ne peut pas lutter contre le temps alloué à l’educ nat.
Alors bon. Une chose qui te rassurera peut être : quand Romane était toute petite, j’en étais malade, comme toi. J’avais même le projet de créér une mini école alternative… j’ai tenté de créer une asso. Bref, j’y ai consacré une énergie certaine..et abandonné…quand j’ai compris que mon projet verrai sans doute le jour quand Romane aurait passé son bac….égoistement, je me suis trouvée tout de suite moins motivée.
Quand j’y repense, tu ne peux pas savoir comme je suis apaisée avec ça. Romane est devenue l’enfant parfaite (à mes yeux) qu’elle n’a jamais cessé d’être… sans que l’école ne tue en elle ce que nous lui apportons. Tout ce que tu as listé, et qui est absent à l’école, elle l’a appris ailleurs, là où ses indignes parents l’ont trainée depuis son plus jeune âge… et à l’école..; elle apprend autre chose. A exister dans un monde contraint et parfois ennuyeux, parfois pire. That’s life. ça ressemble assez à ce qu’elle rencontrera plus tard, non ?
Avec le temps, je lui trouve cette grande vertu à l’école, c’est le reflet parfait de la société… à nous ensuite de savoir ce que nous voulons pour nos enfants. Vivre en marge de la société, esperer qu’ils sachent s’y faire une place…. ??? pas simple… en plus, ça dépend bien sûr du gamin. La mienne arrive à avoir de la distance et du recul pour l’instant. Bon. je ne m’en contente pas, mais juste pour te rassurer, ça me parait bien plus envisageable qu’il y a quelques années.
Bon j’ai passé une heure à écrir un com d’ici, au boulot, quand ping coupure électrique. Je vais faire plus simple d’autant plus qu’Iza entre temps est intervenue.
Je faisais remarquer à Télé que je savais lire et que dans le doute j’avais beau relire son com … tu y dis, Télé, que tu es contend d’avoir été dans un guetto de riches (déjà aimé avoir été mis dans un guetto -quel qu’il soit- ça me parrait suspect) mais tu ne parlais pas de pédagogie.
Ensuite, moi, je fais la différence entre “être riche” et “avoir suffisamment d’argent pour vivre correctement”.
Comme le fait justement remarquer Henri, la maîtrise des fondamentaux que sont le verbe et le nombre est presque suffisante, le reste c’est du bonus. Apprendre à caluler sans calculette, c’est un exercice d’abstraction qui permet de comprendre ce qu’est la division, par exemple, et si bien sûr nous avons des outils plus efficaces il est necessaire d’appréhender le fondements des choses. Je suis surpris Pacco que tu parles de choses qui doivent servir. Nous apprenons pleins de choses dont nous nous servons pas/plus mais qui ont servi de base, de marches, de fondements à ce que nous sommes et ce dont nous nous servons. Le problème est bien plus dans la manière, la pédagogie que dans le contenu.
Pour finir, l’impact que nous, parents, avons sur nos enfants est bien plus important que tu le crois et ce même s’ils passent le plus clair de leur temps en dehors du cercle famillial. Et de se point de vue là, le plus gros problème dans les quartiers de merde (et surement ailleurs) enfin je veux dire “sensible” c’est que les parents ont laissé tombés parqu’ils pensent que l’école va faire leur boulot. D’ailleurs, de ce point de vue Iza, les enseignants ont une lourde responsabilité qu’ils ne veulent pas reconnaitre. Dans toutes les réunions auquelles j’ai participé, je les entendu se borner à dire, “nous n’avons pas à jouer le rôle des parents”. Oui, c’est vrai, c’est con que les parents soient abscents mais putain doit on laissé un gamin dans sa merde parce que, le pauvre, il a des parents impuissants, cons, pauvres ou je ne sais quoi. N’est il pas dans l’intérêt de tous de leur donner ce qu’ils n’ont pas pour que plus tard ils sachent, eux, être présent pour leur propre enfants ? Mais ça c’est fatiguant, ça demande de lutter. Alors si les instits’ ont une grande part de responsabilité.
Topic “pavés” bievenue, nous vous recommendons d’annuler tout vos rendez vous de la journée pour pouvoir profiter agréablement de la discussion…
:’)
Petite chose a laquelle je n’avais pas pensé avant : ce que je regrette, c’est de ne pas avoir appris a faire a bouffer a l’école.
Parceque quand on se retrouve à habiter tout seul, ben… merde.
J’aurais p’tete du regarder plus mon pere… ^o)
Iza,
Bien sûr que l’école est fatalement le reflet d’un aspect de notre société, mais pas forcément du meilleur.
Et bien sûr que l’idée de l’école est belle :
Se préparer à la vie en communauté, Apprendre, partager, découvrir…
Mais la réalité est tout autre.
Donc Maé va évidemment aller à l’école (d’ailleurs elle y est et c’est ça qui me fait en parler aujourd’hui).
Je n’ai pas pour objectif de la faire vivre en marge de la société, mais plutôt l’aider à y vivre le mieux possible.
C’est pour ça que je garde en tête que l’école aura une influence sur elle, et qu’une grande partie de ce qu’elle y fera sera une perte de temps.
Mais surtout que les grands plaisirs et les plus grandes joies de sa vie, elle les aura ailleurs…
C’est dommage, car encore une fois l’idée de l’école est belle.
Et surtout dommage parce qu’elle va y passer un paquet de temps.
Lény,
Ce qui me permet de faire les choses sans rien en attendre, c’est que le plus souvent je fais ce qui me plait.
Car pour moi, rien n’est inutile à part l’ennuie.
Il y a différents moyens pour aborder et assimiler des notions, ou appréhender le fondement des choses.
Je pense qu’à notre époque nous avons tous les outils pour le faire de façon motivante et attractive et je n’en vois pas beaucoup à l’école.
Je me dis qu’on pourrait faire moins chiant, plus motivant, ce serait évolution positive pour nos mômes.
« Le problème est bien plus dans la manière, la pédagogie que dans le contenu. »
Oui bien sûr, je n’ai pas été assez précis dans ma phrase.
« l’impact que nous, parents, avons sur nos enfants est bien plus important que tu le crois ».
Toujours OK, j’ai même dis que je n’étais pas LE SEUL repère.
« Alors si les instits’ ont une grande part de responsabilité. »
Encore OK, le problème c’est qu’ils ne sont pas formés et pas assez nombreux.
Mais tous ça me conforte dans mon idée, l’école belle idée mais dans les faits bonne perte de temps.
Attention je ne dis pas qu’on n’y apprend rien, je dis que l’on devrait la penser différemment pour éviter autant de gâchis.
Eddy,
Je ne sais pas je ne connais pas ton père…
Mais blague à part, c’est vrai que ça aurait été cool des cours de cuisine à l’école ?
Si l’enfant a la chance d’avoir des parents aimants et un minimum compétents pour ce qui est des bases, avec des moyens financiers correctes plus un environnement familial diverse et décomplexé ( grands parents, tontons et tatas et amis qui chacun mette à sa façon la main à la pâte ), à part une météorite qui aurait décider de la prendre pour cible, je ne vois pas ce qui pourrait lui arriver.
L’école primaire n’est pas si traumatisant que ça, la suite c’est autre chose, comme je l’ai déjà répété.
suis tout à fait d’accord avec toi Henri… le collège par contre c’est le pire moment dans la vie avant adulte….:-(
Ok, ok Henri, je vais aller refaire un tour en primaire…

ça ne pourra pas me faire de mal.
Leny, les instits, c’est des gens comme toi et moi. Yen a des malins, des doués, des moins doués, des motivés, des cons… bref, il y a de tout.
Le problème, c’est leur formation bien sûr, leurs objectifs surtout (parce qu’ils ne sont pas débiles, ils sauraient faire mieux (à notre idée), le pb c’est qu’on ne leur demande pas). On leur demande une chose et son contraire (la “lettre aux éducateurs” de Sarko est déailleurs edifiante de ce point de vue là.
Ce qui n’est jamais questionné, c’est le modèle que nous transmettons, ses valeurs… etc…. et les moyens mis en regard.
Pacco : tu dis “l’idée est belle”. ça dépend l’idée de qui et quand. C’est pas toujours joli joli de mon point de vue. L’école, c’est pour reproduire quel modèle social ? c’est pour préparer quelle genre de société ? c’est ça le problème. Si c’est pour reproduire des inégalités, ça marche à donf ! voyez ce que je veux dire ?
Oui l’école primaire est apaisante parce qu’on y traite de trucs pour lesqels nous sommes vaguement tous d’accord… mais dans quelles conditions ? Henri, c’est là, à l’école primaire, que se tricotent et se creusent des écarts que le système est incapable de dépasser ensuite. A l’école primaire déjà, et pour beaucoup, le coup est joué. On voit le gamin qui va réussir à l’école et celui qui va tanker bientôt.
Alors bien sur, c’est une donnée parmi d’autres et tout reste possible avec le reste du monde, mais il est vrai que la donnée “réussite scolaire” est assez plombante.
Pour en revenir au quartiers pauvres, aux instits et profs débordés : bien sûr que travailler la parentalité est insuffisant, mais faire reposer la responsabilité sur l’enseignant de redresser à lui tout seul ce que le système tout entier produit d’inégalités et de souffrance, c’est délirant aussi.
Si on ajoute à ça ce dont nous parlons sans arrêt chez Thierry (l’éduc nat, c’est quand même la très grande pyramide) et notre suspicion à l’égard des solutions globales…. ça rend la reflexion … complexe.
A l’élève Iza:
Tu me copieras cent fois la phrase :
« je dois lire correctement les commentaires, surtout ceux d’un dénommé Henri. »
Mon frère est instit, un bon, qui s’est cassé le cul un maximum pendant des décennies pour « sauver » ( c’est leur jargon ) un maximum de gosses.
A 49 ans, il fatigue et avoue ne plus pouvoir en faire autant avec les classes surchargées, quelques élèves qui ne parle pas la langue ( un passage en douceur dans un cadre spécialisé, cela serait bien ), d’autres avec des parents désinvestis ( ils ont leurs raisons ), d’autres petits délinquants ( ont subis les effets ) et les autres qui se débrouillent.
Des syndicats désespérants, une administration kafkaïenne et un niveau de vie qui ne cesse de baisser depuis 10 ans.
C’est un être humain comme les autres, ce qui veut dire aussi abrutis que les autres, donc nous nous disputons en permanence quand je commence à lui dire par exemple que dans beaucoup d’autres branches, les gens subissent la même chose. Il n’arrive pas à se mettre dans la peau d’autre chose que dans la peau d’un instit. Il ne vaut pas lire Musil, tout est dit.
Henri quand tu dis que ton frère n’arrive pas à se mettre dans la peau d’autre chose que dans la peau d’un instit.
Qu’est ce qu’il devrait faire à ton avis ?
A Papa Pacco:
Ben s’imaginer quelques secondes vivre la vie d’un chômeur, d’un ouvrier du bâtiment, d’un toubib, etc… Cela n’enlèvera pas son exaspération, mais ils se rendra compte qu’elle est partagée d’une façon ou d’une autre et que le monde n’est pas partagé en deux ; les instits et les non-instits. Le corporatisme fait encore des dégâts.
et bien quoi ? toi tu vas me copier la même chose. Parce qu’il me semble qu’on dit la même chose, non ? je réagissais juste au fait que tu mettes l’école primaire à part. Pour le reste, l’histoire de ton frère est édifiante. Quand à la difficulté pour ton frère de voir autre chose… il faut sans doute chercher du côté de ce milieu kafkaïen en effet.
“Le corporatisme fait encore des dégâts.” voilà, je pensais à ça. Ceci dit, les aneries vehiculées contre le corps enseignant alimentent ça à fond…; c’est le chat qui se mord la queue
Henri, Ok.
Iza, je crois effectivement que l’on ressent tous et que l’on dis tous plus ou moins la même chose par rapport au système scolaire.
Mais je me dis que nous réagissons différent par rapport à notre conditionnement.
J’appelle conditionnement la façon dont nos parents, nos profs… nous ont obligé à adhérer au système scolaire.
Je ferais bien un post pour illustrer le conditionnement, mais il y aura encore des singes… et une banane…

Et je sais que Henri commence à être allergique aux singes… et aux bananes.